Sur fond de débat sur l’intelligence artificielle, le Président Macron a annoncé sont intention de développer la voiture autonome sur le territoire français. Mais que sont les véhicules les véhicules autonomes ? Quelles sont les modalités de développement ? Zoom sur les véhicules du futur.

Qu’est-ce que la voiture autonome ?

Une voiture autonome est un véhicule automobile capable de rouler sans intervention d’un conducteur humain. Le véhicule est équipé de capteurs numériques (caméras, radars, sonars, etc …) dont les données sont traitées par des programmes informatiques. Leur objectif à terme est de supprimer l’erreur humaine, qui est responsable de 90% des accidents de la route. Parmi les nombreuses améliorations qu’apporteraient les véhicules autonomes on peut citer :

  • Réduction des accidents de la route
  • Réduction des embouteillage grâce à une homogénéisation instantanée du trafic
  • Amélioration de la mobilité et de l’autonomie des personnes sans permis ou en situation de handicap lourd (aveugles, par exemple)

Les véhicules autonomes sont classé en 6 catégories, allant de 0 à 5 :

  • Niveau 0 : Aucune automatisation.
  • Niveau 1 : Assistance légère au conducteur : L’automatisation est présente pour certaines fonctions du véhicule, mais ne font qu’assister le conducteur qui garde le contrôle global.
    • Exemple : le système anti-blocage des roues (ABS).
  • Niveau 2 : Automatisation de fonctions combinées : Le contrôle d’au moins deux fonctions principales est combiné dans l’automatisation pour remplacer le conducteur dans certaines situations.
    • Exemple : le Park assist qui permet le stationnement sans que le conducteur n’agisse sur le volant ou les pédales.
  • Niveau 3 : Conduite autonome limitée : Le conducteur peut donner le contrôle total du véhicule au système de navigation autonome qui sera alors en charge de la sécurité du véhicule et de son passager. Mais cette conduite autonome ne peut avoir lieu que dans certaines conditions : actuellement, la conduite autonome n’est possible qu’uniquement sur autoroute par exemple. Il est imposé au conducteur d’être en mesure de reprendre le contrôle au moindre problème, sur demande du système. Exemple :  Lorsque les conditions de circulation autonome ne sont plus réunies : sortie de l’autoroute, bouchon, etc.
    La voiture autonome Google est actuellement à ce stade d’automatisation.
  • Niveau 4 : Conduite autonome complète sous conditions : Le véhicule est capable d’assurer seul l’ensemble des fonctions de sécurité sur un trajet complet. Le conducteur n’a qu’à fournir une destination ou des consignes de navigation mais n’a pas besoin de reprendre le contrôle du véhicule. Il peut d’ailleurs, s’il le veut, quitter le poste de conduite et laisser le véhicule circuler sans occupant à bord sans causer le moindre problème.
  • Niveau 5 : Conduite complètement autonome sans l’aide de conducteur dans toutes les circonstances.

Dans quel cadre le véhicule autonome évoluera en France ?

Le Président Macron a annoncé sa volonté que la France se dotera dès 2019 d’un cadre législatif permettant d’expérimenter sur les autoroutes des véhicules autonomes de niveau 4 dans des conditions de circulation classiques. En continuant sur cette lancée, Mr. Macron a également pour projet la mise en place en 2022 d’un cadre propice à la circulation de véhicules autonomes sur le réseau automobile français :   » J’ai la volonté de poser au plus vite le cadre d’homologation des véhicules autonomes en mobilisant à la fois la puissance publique et le secteur privé. « .

On peut donc constater une réelle résolution que le gouvernement affiche à propos de la circulation prochaine des voitures autonomes. D’autant plus que la date de 2022 n’est pas laissée au hasard : les constructeurs automobiles présents sur la brèche ont annoncée cette date pour la commercialisation des premiers modèles. Autre facteur encourageant, le déploiement prévu de la 5G sur le réseau français, favorisant le fonctionnement des différents programmes utilisés par les voitures autonomes.

Quels avantages apportera la démocratisation des véhicules autonomes ?

Il ne faut pas craindre cette innovation. Les véhicules autonomes apporteront un nombre considérable d’avantages à différents niveaux de la société :

  • Économique : Ce nouveau marché va permettre la création d’emplois dans le secteur des constructeurs et équipementiers automobiles, mais également des entreprises logicielles pour permettre la mise en place de nouvelles fonctions dans la voiture autonome.
  • Sociétaux : Les personnes n’ayant pas ou plus la capacité de conduire un véhicule « classique » pourront désormais profiter de cette innovation afin de pouvoir se déplacer sans assistance de la part d’un auxiliaire ou de leurs proches. En effet, les personnes souffrant d’incapacités physiques comme les aveugles, ou des personnes atteintes de Parkinson par exemple, qui les empêchent de conduire un véhicule pourront faire appel à ces voitures autonomes et pourront voir leur mobilité accrue de manière drastique. De même, pour les personnes n’ayant pas le permis, un véhicule autonome pourra tout à fait les conduire dans des conditions optimales.

Ces nombreuses conséquences positives apporteront des changements durables à la société, mais ne seront pas exempts de problèmes que l’on retrouve à chaque innovation technique.

Quelles sont les limites et les conséquences de la démocratisation des véhicules autonomes ?

Actuellement la voiture autonome n’est pas encore complètement aboutie. Il suffit de taper « voiture autonome accident » sur Google pour voir nombre d’articles relatant (l’unique ?) accident d’une voiture autonome ayant entraîné la mort d’une piétonne aux Etats-Unis. Deux choses sont à mettre en évidence : la première est que la piétonne a traversé hors passage piéton, ce qui n’a pas enclenché les processus de freinage automatiques. La deuxième est qu’il faudra éventuellement mettre en place un panel législatif pour accompagner les voitures autonomes. En effet, certains comportements (autant automobiles que piétons) sont incompatibles avec des conducteurs aussi « normés » que les voitures autonomes. Pour le moment nul ne peut anticiper les retombées légales pour les conducteurs « standards ».

Sur un autre plan, la démocratisation des véhicules autonomes va entraîner une grande vague de suppression d’emploi : tous les métiers liés à la conduite (économique) vont disparaître. Les taxis, VTC et autres routiers finiront dans un délai plus ou moins long au chômage. En absence de plan de reconversion de la part de l’état, cela pourra entraîner une grande vague de précarisation pour les foyers liés à ces métiers.

Enfin, d’autres préoccupations comme la centralisation des véhicules dans des mains de grands groupes comme Über, risque de créer un monopole qui serait au détriment du consommateur. A voir dans quel mesure la démocratisation de ces véhicules se déroulera, et quels problèmes pourrait se poser. De plus, avec ces programmes, il sera possible à tout moment à une personne tierce (Etat(s); hacker(s); industriel(s)) de pouvoir suivre vos déplacements, vos habitudes et les exploiter sans que vous n’ayez votre mot à dire.

Que penser dès lors à propos de cette innovation ? Seul le temps nous le dira.

Catégories : Technologie Automobile

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